Gran Scala fait ses premiers pas
Un an et deux mois après sa présentation publique, la multinationale ILD a donné hier son premier pas formel pour acquérir les terrains où se construira Gran Scala.
Les trois administrateurs d’International Leisure Development se sont déplacés à Ontiñena pour signer les contrats qui leur octroient une option d’achat sur 1.000 des 2.500 hectares prévus. Presque en même temps, le Gouvernement de l’Aragon a considéré ce geste d’un bon oeil et a annoncé la création imminente de la loi qui rendra possible la création et le fonctionnement du macrocomplexe de loisirs et de jeux. L’intention de la DGA est que cette nouvelle loi entre en vigueur avant l’été.

Tout au long de la journée du 10 février, les propriétaires convoqués par ILD sont passés dans le salon municipal d’Ontiñena pour signer la feuille et recevoir les chèques avec un premier montant de 4 % du total du prix d’achat. En tout, 68 particuliers ont signé, ce qui, selon ILD, représente environ 1.000 hectares, soit 40 % des terrains nécessaires. Il reste à régulariser les contrats avec les propriétaires d’autres 300 hectares, certains parce qu’ils ont manifesté leur intention de ne pas vendre et les autres, la majorité, parce qu’ils n’ont pas encore pu régulariser leur situation. Le reste, environ 1.200 hectares, appartiennent à la municipalité.
ILD dispose de trois délais de huit mois chacun pour rendre l’achat effectif. Il devra payer à chaque échéance 4 % du prix des terrains, qui resteront aux particuliers si le projet n’est pas construit. Pour chaque hectare ILD paiera au total 8.000 euros, cinq fois plus que leur valeur marchande, selon la firme, puisqu’il s’agit des hectares de terrain non irrigué. Un propriétaire est sorti du salon avec un chèque de 25.000 euros, les autres ont empoché à peine 66 euros et dans beaucoup de cas les chèques ont oscillé entre 3.000 et 5.000 euros.
Le maire de la municipalité, Ángel Torres, a assisté à l’acte à côté des représentants d’ILD. “C’est un jour extraordinaire pour Ontiñena et pour tout l’Aragon” a-t-il dit. Aujourd’hui le peuple reçoit 300.000 euros que personne ne leur reprendra, que le projet sorte ou non. Je crois qu’il sortira de terre et que nous le verrons fonctionner à 100 pour 100”.
Le maire a expliqué que certains ne veulent pas signer par attachement à la terre, “ils portent toute la vie en la cultivant”, mais il a rappelé aussi “qu’ils auront à s’adapter aux formalités légales, et s’ils doivent être expropriés, ils le seront”. Au sujet du sol municipal, il a rappelé que la Mairie ne peut pas vendre, par ce que ces terrains “sont régis par une autre loi”. “Avec la DGA nous ferons ce qu’il faut faire au moment voulu. Maintenant nous sommes concentrés sur les propriétés privées”. Dans les négociations avec ILD s’est inscrit la possibilité pour la municipalité qu’elle reçoive une partie du prix, autour de 25 %, en espèces et le reste par l’exécution des infrastructures.
La Région relève le gant

Bien qu’il ne s’agisse là que d’un versement minime au regard des grands chiffres du projet, le Gouvernement de l’Aragon interprète la signature des options d’achat comme un premier pas ferme qui démontre le véritable intérêt d’ILD de s’installer à Ontiñena.
La Région avait déjà réitéré à de nombreuses occasions que tant que les promoteurs n’assureraient pas les terrains, le pouvoir exécutif s’empêchait de créer la Loi de Centres de Loisirs de Grande Capacité. Son vice-président, José Ángel Biel, a confirmé hier même que c’est ce pas-là que le Gouvernement de l’Aragon attendait et que la nouvelle règlementation destinée au macrocomplexe sera lancée de manière imminente.
Biel a avancé que le Conseil du Gouvernement approuvera le brouillon de la loi “ fin février ou début mars” et qu’il espère que le Parlement s’en occupera dans un ou deux mois “avec un consensus maximal”, afin qu’il entre en vigueur “bien avant l’été”.
De plus, il a précisé qu’actuellement le brouillon de la loi contient “plus de 40 articles” qui expliquent “en détail” ce qu’est un centre de loisirs de haute capacité, quelles conditions requises il doit accomplir et comment il doit être géré. De cette façon, une fois promulguée la loi, ILD aura à s’en tenir. “À partir d’aujourd’hui les choses vont commencer à bouger plus vite”, a assuré Biel, qui a réitéré que l’on pourrait exproprier les propriétaires qui ne veulent pas vendre leurs terrains. Cependant, il a parié sur “une négociation et à un accord”.
Des sources de la Vice-présidence du Gouvernement ont assuré qu’ILD ne connaît pas le contenu du brouillon de la Loi de Centres de Loisirs de Grande Capacité. Elles ont insisté sur le fait que les options d’achat et le cours de cette loi “sont deux petits pas” que font les deux parties pour rendre le projet possible. Pour sa part, la Plate-forme Stop Gran Scala a rappelé hier son désaccord avec un modèle “insoutenable tant d’un point de vue social, humain, écologique et économique.” Elle a insisté sur la nécessité que le Gouvernement de l’Aragon rompe ce qu’il considère comme une complicité avec les promoteurs d’ILD.







[...] — se sont déplacés début 2009 à Otiñena, la ville située au coeur du complexe. Ils ont signé les premiers contrats qui leur octroient une option d’achat sur 1.000 des 2.500 hectares prévus. Le gouvernement [...]
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